Baby-pink…v1.0
Alors d'abord il y a le moment où on à 2 on se dit qu'on voudrait un enfant... Très vite la dure réalité s'impose à nous : ben non nos mélanges de novules, c'est pas possib'... manque un p'tit tétard...
Alors on discute, on réfléchit, on lit, on surfe, on gamberge et on rediscute encore et encore...
On évalue les soluces en tant que filles...
Bon y a pas pléthore non plus hein...
Bébé-Thalys, il arrive ni dans un chou ni avec une cigogne, mais dans une maman qui a beaucoup pris le Thalys (TGV Paris-Brux’) ou la voiture pour faire l’aller-retour Belgium-France. Ca marche pas à tous les coups, hein… ? C’est un peu comme Lourdes, enfin bon avec tout de même plus de probabilités que ça marche…
Le Bébé-Thalys, il a une ou des mamans, une bio/légale et une sociale (bref la femme invisible au regard de nos lois) et il a un géniteur anonyme qui a gentiment donné ses spermatos, qu’on a congelés, pour permettre à des couples stériles (c’est la définition même du couple homo, mais en France ce n’est pas reconnu !) d’avoir le bonheur d’être parents.
Donc Bébé-Thalys, pour résumer, a 1 ou 2 mamans et pas de papa.
Ensuite il y a le Bébé-don, fruit du don gracieux de spermatos bien vifs par un gentil garçon à sa ou ses mamans.
Le Bébé-don a lui aussi une ou des mamans, une bio/légale et une sociale (toujours la femme invisible) et un géniteur anonyme ou non, selon si ses mamans ont eu recours à un donneur connu ou non. S’il est connu, il s’est engagé dans un accord avec ses mamans concernant la relation qu’il aura avec Bébé-don, mais dans tous les cas cette relation ne sera pas quotidienne, ni fréquente. Pour schématiser, Bébé-don aura un papa mais il ne vivra jamais avec lui. Si le géniteur n’est pas connu, Bébé-don n’aura pas de papa.
Donc Bébé-don a 1 ou 2 mamans et peut-être un papa, qui du jour au lendemain peut passer du statut de géniteur au statut de père avec reconnaissance légale et tout…
Il y a aussi le Bébé-nouvoni, dont les parents biologiques l’ont placé en adoption pour des raisons qui leur sont propres et qu’une maman, célibataire, peut adopter… Si la maman vit avec son amoureuse, estimons que c’est râpé, sauf à mentir sur sa relation à son amoureuse…
Donc Bébé-nouvoni au regard de la loi, il a une maman épicétou…
Enfin, il y a le Bébé-copa, fruit de la rencontre de sa ou ses mamans avec son ou ses papas. Ses parents l’ont envisagé comme un beau projet, l’ont réfléchi, ont trouvé des terrains d’entente sur les modalités de conception, sur son quotidien, sur son éducation, etc…
Bébé-copa a lui aussi une ou des mamans, une bio/légale et une sociale (encore et toujours cette fichue femme invisible !) ainsi que un ou des papas, un bio/légal et un social (Ohh le frère de la femme invisible !).
Donc Bébé-copa a 1 ou 2 mamans et 1 ou 2 papas…
La fête des mères et la fête des pères ne seront pas la fête pour lui, elles représenteront son plus gros poste budgétaire… !
Alors voilà on retourne toutes les soluces, on les vide, on les pèse…
Avoir un enfant avec ou sans papa ? Ah oui mais si c’est sans, serai-je capable lors de sa quête identitaire d’affronter son regard perdu… ? Ah oui, mais si c’est avec, serai-je capable de partager ce temps précieux avec lui ?
Les questions on se les pose seule, puis à deux… on confronte nos réponses… Et puis on fait le deuil de la soluce idéale : y en a pas ! Déjà tant que le parent social est invisible comment protéger son enfant et ce parent au mieux ?
Et vous vous la connaissez la réponse idéale à : c’est mieux d’avoir 1 ou 2 papas en plus de sa ou ses 2 mamans ou de pas avoir de papa du tout ? Pour moi, c’est un peu comme « Tu préfères avoir une jambe en mousse ou des dents en bois? ». Donc on fait le deuil de l’idéale et on choisit la soluce avec laquelle on se sent le plus à l’aise…
Alors chez nous ça a fini par donner un choix de coparentalité mais avec plein de doutes, plein de questions…
J'vous raconte?
