Comprendre l'homosexualité
L’HOMOSEXUALITE POUR LES NULS?
INTRODUCTION
« Comprendre l'homosexualité » est un ouvrage largement cité comme une référence dans moult sites web gays et lesbiens et moult associations du même acabit où son coté didactique, simple sans être simpliste le présente comme le livre idéal à offrir à ses parents lors de son coming-out… Le livre est tellement cité en référence dans le lectorat homosexuel qu’il s’est retrouvé en tête de gondole à la FNAC, c’est pourquoi j’ai décidé de l’acheter, puis de le lire et aujourd’hui de l’étudier plus précisément, pour comprendre cet engouement… « Comprendre l'homosexualité » est le seul livre rédigé par Marina Castañeda, psychothérapeute et hypnothérapeute d’origine mexicaine, née à Mexico en 1956. Il parait en 1999 en France et simultanément au Mexique sous le titre de « La experiencia homosexual » Touche à tout, pluridisciplinaire par conviction, Marina Castañeda a étudié les lettres, l'histoire, la psychologie, l'hypnose et la musique, à Harvard, Stanford et à l'Ecole Normale Supérieure de Paris. Elle est codirectrice de l'Institut Milton H. Erickson de Cuernavaca au Mexique et se consacre actuellement à la psychothérapie, à l'enseignement et à l'écriture.
L’HOMOSEXUALITE POUR LES NULS
Après « Windows pour les Nuls », « La cuisine pour les Nuls », « Comprendre l'homosexualité » est un peu présenté comme le livre de vulgarisation manquant dans la célèbre collection et qui pourrait se nommer « L’Homosexualité pour les Nuls »…. En effet, comme tout bon livre de vulgarisation, il est présenté clairement, de manière très structurée, ce qui laisse supposer une intention d'honnêteté très engageante de l’auteure. D’ailleurs, Marina Castañeda n'innove pas, ne fait pas de révélation fracassante sur des aspects de l’homosexualité jusqu’alors insondés… Non, rien de tout ça, mais elle a le bon goût (pour une psychothérapeute !) de rester simple et accessible à tous. Néophytes en la matière ou non, que l’on soit soi même homosexuel ou proche ou thérapeute, l’auteure prétend (sous l’aspect présomptueux du titre : « Des clés, des conseils pour les homosexuels, leurs familles, leurs thérapeutes » ) expliquer l’homosexualité. Et passées les premières pages dignes d’une Ménie Grégoire au chignon décoiffé par l’étendue des dégâts de « ce douloureux problème »[2], l’auteure explique d’ailleurs de manière plutôt rassurante… J’insiste sur le « plutôt » car il y a des bémols qui parsèment l’ouvrage. C’est certainement ce qui justifie qu’une association comme « Contact » cite cet ouvrage dans sa brochure « Notre enfant est homosexuel » destiné aux parents d’homosexuels et qu’il fasse partie de la mallette pédagogique produite par l’association « Couleurs Gaies » [3]…
MISE AU POINT
Malheureusement, à trop vouloir simplifier, l’auteure écrit parfois des choses tout à fait discutables et ne semble pas toujours très éclairée sur ce qu'elle avance. Ce qui laisse parfois à la lecture, par une lesbienne « out of the closet », une impression de malaise qui laisse imaginer l’impression qu’elle peut laisser à un néophyte déjà inquiet (parent, proche…) ou carrément récalcitrant… Dans cette fiche de lecture je vais tenter donc de faire une mise au point sur les « bons » et les « mauvais » côtés de l'ouvrage. D’abord décortiquons l’ouvrage si bien structuré et voyons ce qu’il a dans les tripes de digeste et d’indigeste ; « Comprendre l'homosexualité » se partage en huit grandes parties :
1 Une identité changeante
2 Devenir homosexuel : aspects biologiques et sociaux
3 Devenir homosexuel : aspects familiaux et individuels
4 Les vicissitudes du placard
5 L'homophobie intériorisée
6 Le couple homosexuel en général
7 Le couple homosexuel féminin
8 Le couple homosexuel masculin
9 Le mirage de la bisexualité
Je ne vais pas toutes les reprendre pour les résumer mais juste piocher dans certaines des points qu’il me semble intéressant de soulever…
Une identité changeante
Marina Castañeda introduit là un précepte plutôt intéressant et auquel on ne pense pas toujours à priori, à l’instar du fameux « on ne naît pas femme, on le devient » de Simone De Beauvoir et depuis largement remis à toutes les sauces, l’auteure avance qu’on ne naît pas homosexuel, on le devient. Elle explique de manière très intelligente, à l’instar de Mickael Pollak (bon sang mais c’est bien sûr !) qu’ « on n’est pas toujours homosexuel. L’hétérosexuel, oui. ». Dans ce chapitre où elle explique simplement les interactions possibles en genre, sexe biologique et orientation sexuelle, elle avance que « l’homosexuel ne se déplace pas dans le monde avec une identité constante ». Elle explique qu’être homosexuel sous-tend souvent une extraordinaire capacité d’adaptation aux personnes et aux circonstances. Puisque notre société est régie par des codes, l’homosexuel qui a d’abord intégré les codes de l’hétérosexualité doit apprendre de nouveaux codes : ceux de l’homosexualité. Alors, il parvient aisément à changer ses attitudes, ses gestes, sa façon d’être en fonction des circonstances, passant tour à tour pour hétéro sur son lieu de travail, asexué chez ses parents et homo dans « le milieu homo » ou bien en présence de quelques amis choisis… On est tous à priori éduqués pour être hétéros dés la plus tendre enfance par les contes : le prince sauve la princesse et ils ont de nombreux enfants, les jouets : les rayons filles des supermarchés à Noël sont roses et c’est là qu’on trouve poupées, babioles de maquillage, et nécessaire de la parfaite ménagère (maintenant directement produit par les grandes marques telles Seb ou Moulinex… il n’est jamais trop tôt pour fidéliser sa clientèle !), etc… On apprend donc le rôle, la place que l’on est censé tenir dans cette société hétéronormée en fonction de son genre… Et quand la révélation de l’homosexualité nous « tombe dessus », et bien il nous faut apprendre plus tardivement (adolescence au mieux…) les codes sociaux, les « règles de l’amour, de l’amitié et de la convivialité » pour lesquels on n’a pas été formés… Il nous faut apprendre à être homosexuel… C’est d’ailleurs par ce biais que Marina Castañeda en vient donc à expliquer cette réputation que les homosexuels traînent d’être peu murs dans leurs relations sociales… Elle reprend en disant qu’ « il ne s’agit pas d’un manque de maturité, mais d’apprentissage ». De même l’auteure en vient donc à décrier cette tendance qui a force de confondre être « normal » et être « semblable », en fait un amalgame dangereux notamment dans la gestion par un thérapeute des problèmes de couple chez des gays ou lesbiennes. En effet, l’auteure rappelle que dire de l’homosexualité qu’elle est normale ne veut pas dire qu’elle est similaire à l’hétérosexualité… Elle prend l’engagement donc dans ce livre de « détecter, d’expliciter et d’expliquer ses particularités : la différence, et non la similitude. »…
Devenir homosexuel : aspects biologiques et sociaux / familiaux et individuels
Tout le résumé historique sur l'évolution du concept de l'identité homosexuelle (recherche génétique, théorie sociale) est forcément peu nuancé, mais indique clairement que toute définition est à replacer dans une perspective historique, y compris les définitions contemporaines. Marina Castañeda souligne que la définition de l'identité homosexuelle est toujours vaporeuse aujourd'hui et que l'origine de l'homosexualité reste à ce jour inconnue… Elle nous présente brièvement plusieurs conceptions de l'homosexualité (essentialiste, psychanalytique, génétique), ce qui est toujours bon à connaître. C’est un raccourci qui peut sûrement suffire à toute personne désirant avoir une connaissance du sujet sans vouloir forcément avoir une vision plus pointue de chaque notion… L'auteure insiste sur le fait qu'il est nécessaire d'inventer sa propre homosexualité, elle expose les avantages et inconvénients d'une telle démarche (vivre dans la clandestinité ou non, choisir la monogamie ou non, etc…), bref, considère les homosexuel/les comme des adultes fort capables de se construire et de se définir eux-mêmes, selon leurs règles du jeu et avec les limites qu’impose la société...
Les vicissitudes du placard
Ce chapitre a l’intérêt de permettre à l’homosexuel pas encore « out of the closet » de réfléchir aux intérêts de « se dire homosexuel » pour éviter que ce soit les autres qui identifient, nomment ou décrivent en nom et place de la personne concernée… Marina Castañeda expose plusieurs avantages et inconvénients de la visibilité tels que l’étiquetage dont devient souvent victime la personne sortie du placard, elle devient souvent : la « cousine lesbienne » ou le « copain pédé », comme si l’homosexualité était devenue son qualificatif essentiel… Mais en contrepartie, l’auteure dépeint un tableau si noir du « coût de la clandestinité » que pour le coup mis à part si l’on est Saoudien, il y a peu d’hésitation possible… Et alors il est temps de se poser les questions nécessaires et utiles sur le fameux « coming-out » familial… c’est là seulement que le chapitre devient intéressant car l’auteure donne des pistes de réflexions et des indicateurs sur le pourquoi du comment familial : réactions tabou, culpabilité, rien n’est mis à l’écart pour se préparer à ce grand moment… Sans trop de transition, on passe de l’univers familial à l’univers thérapeutique, comme s’il était inévitable de passer entre les mains d’un thérapeute après la confrontation familiale… peu engageant pour le coup le « coming-out » ! Donc sortis de chez papa, maman, nous voila auprès des « professionnels de la santé mentale » (ça ne s’invente pas une pareille transition !) et ces professionnels de la profession (pour copier Godard), les thérapeutes, ils en prennent pour leur grade ! Marina Castañeda les traite sans indulgence dénonçant les préjugés homophobes de certains... Elle va même jusqu’à conseiller aux homos de donner leur préférence à un thérapeute gay auquel « il n’est pas nécessaire de donner […] des leçons sur le milieu gay, ni sur les pratiques sexuelles gay, ni sur les préjugés que les homosexuels rencontrent quotidiennement. Il y a donc un élément d’efficacité ». C’est purement économique en fait car si sur une heure à 80 € vous passez déjà 45 mn à faire un cours, ce n’est guère rentable… Et puis ça évite aussi que toute votre problématique quelle qu’elle soit ne soit plus axée que sur votre homosexualité… Un hétérosexuel qui a des problèmes de boisson ne verra pas son problème rattaché à son orientation sexuelle… ce qui est loin d’être le cas pour un homo…Le mirage de la bisexualité Un tel titre en fera frémir plus d’un et à juste titre… Le lecteur qui se fie juste au titre interprète inévitablement que pour Marina Castañeda la bisexualité n’existerait pas ou serait illusoire… Eh bien, non… comme quoi consensuelle, brouillonne ou brouilleuse de pistes, l’auteure peut dissocier complètement idées titres, mots clé sans problèmes… Car malgré un titre douteusement orienté l'ouvrage n'en nie heureusement pas l'existence et aborde le problème du rejet des personnes bisexuelles par les hétérosexuelles et aussi mais peut-être surtout homosexuelles et distingue bisexualité successive et simultanée… L’ouvrage remplit là donc plutôt bien sa part didactique… Mais évidemment on ne peut que reprocher à l’auteure ses dérives verbeuses qui se multiplient dans un ouvrage oscillant parfois entre la caricature et le « p’t’être ben qu’oui, pt’être ben que non » !
THEORIES NORMANDES DE COMPTOIRS
Marina Castañeda explique que ces schémas inculqués, purs fruits de notre éducation à tous niveaux (société, scolarité, famille, etc..) entraînent bien souvent une « homophobie intériorisée » qui resurgit sans cesse tout au long de la vie. Certes, on peut en effet supposer que notre cerveau ne peut sortir indemne et vierge tel un disque dur après un bon formatage d’années où l’homophobie ambiante aurait pu nous entourer… Mais bon, de là à dire que c’est inévitable et que tout homosexuel s’en ressent toute sa vie, c’est peut être un petit peu fort… Eh bien, non justement, moult lignes plus loin, l’auteure en une phrase brève, dit que malgré tout ce qu’elle vient de démontrer et exposer l'homophobie intériorisée n'est pas inévitable… Ouf ! Et là au rayon « produits normands » elle nous en remet des couches la Maria… ! Au moins c’est le meilleur moyen pour contenter tout le monde, comme un bon horoscope ou une bonne météo, il y en a parfois pour tous les goûts et toutes les attentes dans ce livre ! Après l’homophobie intériorisée est inévitable et parfois pas, on a droit à quelques poncifs relativisés et zéro complexe question paradoxes pour Marina Castañeda ! Donc pour commencer, un poncif sur les relations entre femmes plus enclines à user de leur langue (sic), les femmes en couple vont chercher à tout prix le dialogue… soit ! Mais histoire de temporiser pour les handicapées de la communication atterrées devant l’ouvrage et en proie à de grosses remises en question de genre et de couple, l’auteure dit que les femmes ne sont pas habituées à repérer leurs désirs et donc ne peuvent les exprimer… Eh eh… Cherchez l’erreur… Pour ce qui est des hommes, on peut apprendre dans ce livre que dans le milieu gay on n'a pas le droit d'être vieux sous peine de célibat… soit ! Mais histoire certainement de rattraper avant l’allumage du gaz un gay soixantenaire égaré dans les limbes de l’ouvrage de Marina Castañeda, on peut lire que souvent les couples gays sont formés d'un homme mûr et d'un autre beaucoup plus jeune… reste à voir la subjectivité du terme « mûr »… En fait l’auteure prône, ce qui en soit est plutôt intéressant, l'auto-définition par l'individu mais de son côté, elle fait une analyse globalisante qui multiplie donc poncifs et contre-poncifs. Ce qui est aussi dérangeant c’est sa propension à faire de considérations personnelles (pas toujours exemptes de stéréotypes…) des théories générales. Hélas, trois fois hélas, cet ouvrage à vocation didactique véhicule de nombreux clichés, ce qui est d'autant plus regrettable que l'auteure les reproche à ses collègues chercheurs et thérapeutes… Comme on dit on voit toujours mieux la paille dans l’œil du voisin… Par exemple, elle prétend que tout individu homosexuel doit faire le deuil de son hétérosexualité, que ce deuil se fait rarement, donc que l'individu ne peut être complètement heureux d'être homosexuel… Sur quoi se base-t-elle ? Comment peut elle avancer un tel précepte, lourd de conséquences, si l’on y réfléchit bien, sur toute personne inquiète de son homosexualité ou de celle d’un proche ?! Autre exemple, on a le cliché récurrent de l'homme qui serait « sexuel » et la femme « affective », bien évidemment, aucune étude ne vient corroborer les propos de l'auteure. Par ailleurs, elle affirme sans sourciller semble-t-il, que les homosexuels masculins qui se réunissent dans les bars, n'ont pas d'autres points communs que leur orientation sexuelle, ce qui donne lieu à des « relations superficielles et généralement éphémères ». Quant aux lesbiennes, je suis stupéfaite de découvrir que forcément nous nous rencontrons chez des amies ! Quid des bars ou boites de filles ? Bars que d’ailleurs Marina Castañeda devrait d’avantage fréquenter tant certains passages de son livre ont un aspect « psychologie de comptoir » qui fait tâche dans un ouvrage dont on pouvait attendre plus… Prenons notamment l’exemple du rapprochement maladroit des notions d'homosexualité et d'inceste… Moult affirmations apparaissent sans fondement (tout du moins sans qu’il ne soit notifié…), qui nuisent à la crédibilité scientifique de l'ouvrage et font paraître le titre de plus en plus pompeux à mesure que l’on plonge dans le livre.
CLES & FICHES-CONSEILS
Bonne idée à priori que d’adjoindre à l’ouvrage des fiches-conseils mais l’ensemble est malheureusement assez inégal même si les questions posées sont souvent judicieuses. Reste à utiliser les fiches en gardant les questions évoquées par Marina Castañeda et en utilisant ses réponses pour lancer un débat d’idées… Quant aux conseils, un peu édictés à la mode recette, l’aplomb de l’auteure pour les dispenser prête encore à sourire… et confère à l’ouvrage à nouveau son statut de « L’Homosexualité pour les Nuls » si l’on en mettait à part quelques phrases qui hérissent les poils des bras ou bien le coin du sourcil droit de la lesbienne que je suis…
Quelques morceaux choisis :
* « L'orientation sexuelle n'est pas cause de pathologie, mais la façon de vivre et d'assumer cette sexualité » è Là, j’ai du louper un épisode entre le début et la fin de la phrase car je n’en comprends pas la logique…
* « Quand les lesbiennes cessent de s'habiller et de se conduire comme des hommes, elles rejettent implicitement le cliché de la lesbienne comme ratée. » Ouh la… elle touche un point sensible la Maria… ! D’abord faudrait-il qu’elle explique bien la notion de genre pour qu’on comprenne la subjectivité de « se conduire comme un homme » et peut être en profiter pour faire un point sur les préjugés et clichés sexistes…
* « Les homosexuels, par contre, peuvent se permettre des relations successives sans faire de mal à personne » è Ah oui ? J’aurais du lire le livre avant que mon ex ne me quitte pour une autre, ça m’aurait très certainement évité un gaspillage excessif et inutile de kleenexs !
* « L'infidélité et l'inconstance ne sont pas habituelles chez les femmes. Il faut plutôt y voir un effort désespéré pour échapper à la fusion » è Et là, à nouveau je repense à mon ex, comme j’ai été aveugle dans mon jugement… Elle n’était pas infidèle mais héroïque dans son désespoir et n’a été frivole que par souci de nous échapper d’une fusion castratrice, je l’imagine…
* « Les limites entre sexe, amour et amitié ne sont pas du tout claires dans le mode homosexuel » è Là encore on est dans le cliché qui voile la réalité… Visiblement les homosexuels auraient ce monopole de confusion, les limites seraient limpides dans le monde hétérosexuel c’est pourquoi il n’arrive jamais qu’un mari trompe sa femme avec la meilleure amie de celle-ci, pas plus que dans un groupe d’ados il n’arrive que tout le monde sorte avec tout le monde, sans parler d’Harry & Sally, Fox & Mulder, etc…
* Et là par contre, je ne plaisanterai pas avec la dernière phrase qui me parait plus que scabreuse et signe là de cette homophobie intériorisée dont Marina Castañeda a tant parlé dans le livre : « Pour beaucoup d'homosexuels , la libération gay a signifié avant tout le droit au plaisir sous toutes ses formes, y compris dans quelques cas, la pédophilie » Cette dernière phrase à elle seule peut suffire à ranger le livre ou à le jeter à la poubelle, mais il faut quand même dire que si ce livre propose des « thèses » ou théories fumeuses qu’on ne peut lire qu’avec irritation, voire exaspération, s'il allègue comme acquis et entendu des a priori ou bien des réflexions personnelles de l’auteure, sans autre fondement, la volonté d'ouverture et l'invitation à la réflexion et à l'auto-définition semblent suffisamment constructives pour le conseiller en lecture tout de même… avec un esprit critique, certes… De plus il aborde de manière souvent intéressante des thèmes habituellement éludés, dans d’autres ouvrages « grand public » tels que les notions de fidélité / infidélité, la « monogamie consécutive », etc… Pour conclure disons qu’avec un titre moins pompeux, des passages revus et corrigés, des sources plus concrètes, un autre ouvrage en contrepoint, « Comprendre l'homosexualité » aurait tout à fait sa place en guide conseil préconisé par la presse gaie. Mais en l’état actuel il me semble à manier avec précaution même s’il invite à un concept que décidemment je ne me lasse pas de citer : l’auto-définition !

Comprendre l'homosexualité - "Des clés, des conseils pour les homosexuels, leurs familles, leurs thérapeutes" - Marina Castañeda – Paris - Robert Laffont – Réponses - 1999 - 265 p.
[1] « L'Homosexualité, ce douloureux problème » est une célèbre émission de Ménie Grégoire datant du 10 mars 1971 en direct de la salle Pleyel à Paris. Elle est souvent considérée comme un des actes fondateurs du mouvement homosexuel militant français. C'est en effet dans sa foulée que s'est fondé le FHAR (Front homosexuel d'action révolutionnaire), en gestation depuis 1968.
[2] Contenu à voir à cet url : http://homoedu.free.fr/malettecouleursgaies.PDF
